« Précision,
Respiration,
Immersion. »
La rédactrice en chef de Marie Claire Maison reçoit les fondateurs d’Oikosdesign. Conversation sur le mobilier comprimé, la transparence et l’avenir du confort.
Quand Marie Claire Maison frappe à la porte d’Oikosdesign, ce n’est pas pour parler de tendances. C’est pour comprendre pourquoi une marque française de mobilier comprimé fait aujourd’hui autant de bruit dans les rédactions de design européennes.
Nous avons rencontré les fondateurs dans leur showroom parisien, entre deux collections et beaucoup de café.
« Oikosdesign, c’est d’abord quoi pour vous ? Un matériau, une méthode, une philosophie ? »
OikosdesignLes trois, dans cet ordre. On part toujours du matériau, la mousse haute résilience, ses propriétés mécaniques, sa capacité à se laisser comprimer sans perdre mémoire. De là découle la méthode : comment concevoir une pièce qui accepte la compression comme un état temporaire, pas comme une agression. Et la philosophie arrive en dernier, comme la conséquence logique : un meuble qui voyage léger est un meuble qui respecte l’espace, le transporteur, l’environnement, et votre cage d’escalier.
« Un meuble qui voyage léger respecte l’espace, le transporteur, l’environnement, et votre cage d’escalier. »
NIMBUS HORIZONCanapé trois places · tissu gris foncé
« Vous parlez de ‘précision’ comme d’une valeur fondatrice. Qu’est-ce que ça signifie concrètement dans votre processus ? »
OikosdesignLa précision, chez nous, c’est l’absence de superflu. Une ligne droite quand une ligne droite suffit. Un angle qui ne s’excuse pas. Nous avons des pièces qui ont été redessinées dix-sept fois parce qu’une courbe était à deux millimètres de son équilibre. Ce n’est pas du perfectionnisme. C’est de l’écoute. La matière vous dit quand elle est juste. Vous le sentez dans la main, dans le poids, dans la façon dont la lumière se pose dessus.
« La matière vous dit quand elle est juste. Vous le sentez dans la main, dans le poids, dans la façon dont la lumière se pose. »
KNOTAFauteuil noeud · tissu gris
« ‘Respiration’ est le mot que vous utilisez souvent pour décrire vos intérieurs. C’est une opposition au mobilier surchargé ? »
OikosdesignC’est plus nuancé que ça. La respiration, c’est la capacité d’un espace à exister autour de lui. Pas nécessairement petit, mais juste. On a des trois places qui sont très généreux en assise et pourtant légers à l’œil. C’est une question de hauteur de dossier, de profil d’accoudoir, de tissu mat qui absorbe plutôt que réfléchit. Tout ça ensemble crée ce qu’on appelle la respiration.
« Et ‘immersion’, le troisième mot. C’est l’expérience d’usage ? »
OikosdesignL’immersion, c’est ce qui se passe quand vous vous asseyez et que vous oubliez que vous êtes assis. Le meuble disparaît. Il devient contexte. C’est l’objectif ultime d’un siège : vous connecter à ce que vous êtes en train de faire, lire, parler, regarder, dormir, plutôt qu’à lui-même. Pour ça, il faut une assise calibrée, une densité de mousse pensée selon le modèle, et un tissu qui n’agresse pas la peau après deux heures.
« L’immersion, c’est ce qui se passe quand vous vous asseyez et que vous oubliez que vous êtes assis. »
SCULPTURAÉdition Van Gogh · fauteuil immersif
Précision
Chaque dimension est calculée. Chaque angle validé à la main. Rien n’est approximatif dans une pièce OIKOS.
Respiration
Un meuble qui laisse vivre l’espace autour de lui. Ni trop, ni pas assez. Juste ce qu’il faut.
Immersion
Le confort qui se fait oublier. Vous êtes dans la pièce, pas dans le meuble. C’est ça, la promesse.